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____De grosse gouttes s'abattaient sur le petit village plongé dans la pénombre. Même les vagues se déchaînaient en claquant bruyamment contre la paroi abrupt de la falaise. Le vent sifflait entre les arbres et le tonnerre se faisait entendre. Malgré tout, le village semblait endormis hormis une maison, d'où une lumière vacillante se faisait apercevoir. C'était une maison discrète à l'image de son propriétaire caché derrière des saules.
La pièce principale de cette habitation était éclairé par un feu de cheminé. La lumière des flammes faisait danser des ombres sur les murs de pierre. Au sol un grand tapis douillet s'étalait sous divers fauteuils et canapés accueillant. On pouvait apercevoir un bureau recouvert de papier en tout genre, certains griffonné de mot incohérent. Plus loin se trouvaient une guitare, ainsi qu'une batterie. Enfin les étagères étaient ornées de disque, de trophées ou encore de tableau.
Un homme était assis dans un des fauteuils. Penché sur un cahier il écrivait. Cette homme semblait avoir une trentaine d'année néanmoins il en avait presque cinquante. Son visage était en partis caché par une mèche noire rebelle. Ses yeux sombres parcouraient le papier et semblaient à la fois concentrés et rêveurs. L'horloge sonna minuit. L'homme releva la tête et s'étira. Malgré l'heure tardive, il n'avait pas sommeil. Il était habitué à ne presque plus dormir. L'homme posa son cahier sur une table basse et grelotta en voyant la pluie qui martelait ses carreaux. Il se leva et enfila un pull sur son tee-shirt. L'homme avait su se préserver physiquement, il aurait pu rivaliser avec n'importe quel adolescent.
Il se dirigea vers la cuisine et se fit couler un café. Le tonnerre se faisait toujours entendre mais le vent semblait s'être calmé. Il attendit ainsi devant sa fenêtre quand subitement des coups à sa porte résonnèrent. L'homme se demanda qui cela pouvait-il bien être et se hâta d'aller ouvrir. Il ouvrit et une ombre pénétra dans la maison. L'inconnu avait une capuche qui lui dissimulait le visage et l'eau ruisselait encore sur sa veste. Il releva le visage et le propriétaire reconnu son guitariste.
- Nicola je suis gelé, lâcha l'homme qui s'appelait Boris.
L'autre le fixa et éclata de rire devant son air de victime. Apres s'être séché l'homme l'invita à s'asseoir.
- Tu ne dormais pas ? demanda Boris en apercevant le café fumant.
- Non j'écrivais, répondit l'autre.
L'hôte était plus jeune que son ami. Il avait lui aussi préservé une certaine jeunesse quoique ce soir là, il semblait fatigué. Leur principal point commun est qu'ils faisaient tout les deux partie du groupe Indochine dont Nicola était le chanteur. Apres avoir discuté de choses et d'autre , l'aîné demanda :
- Tu n'as pas fait tout ce trajet pour me dire ça n'est-ce pas ?
Aussitôt le visage du guitariste s'assombrit et il détourna le regard.
- En fait je suis venus t'annoncer quelque chose...
- Oui ? interrogea le chanteur avec un mauvais pressentiment
Boris prit sa respiration et après un long silence dit :
- J'ai bien réfléchis et... je crois que pour moi l'aventure Indochine s'arrête ici.
Le c½ur de Nicola fit un bond dans sa poitrine et il resta bouche bée devant cette déclaration. Pourtant il avait déjà du faire face à de nombreuses situations de ce genre mais cette fois il en avait le souffle coupé. Boris n'était pas qu'un collègue, c'était un ami, un confident, en fait il n'aurait su dire qui il était pour lui. Sans s'en rendre compte le chanteur secoua la tête et agrippa le bras de l'autre. Il se tourna face à lui et plongea son regard sombre dans le sien.
- Pourquoi ?
Boris se perdis dans ses yeux et réussis à articuler :
- Je... Tu ne pourrais pas comprendre.
- Bien sur que si, explique moi, tu te sens mal avec le groupe ?
- Non je...
- Tu n'aime plus notre musique ?, le coupa le chanteur
- Nicola...
- Quoi ? C'est moi ?
Le guitariste se détacha de son regard, le chanteur avait tapé juste. S'il voulait quitter le groupe c'était bien à cause de Nicola. En effet il avait peur de rester avec lui encore quelques années. Peur de continuer à devoir travailler tout les jours avec lui. Peur de la sensation étrange qu'il ressentait à son égard depuis quelques temps.
- Boris regarde moi, ordonna Nicola
Ce dernier leva les yeux et s'étonna devant la tristesse de son visage.
- Ton départ sonnerait le glas pour Indochine.
- Vous y arriverez sans moi, lâcha le guitariste
Apres un moment de silence, Nicola murmura :
- Pas moi...
Le c½ur du guitariste fit un bond et il contempla le chanteur qui semblait prêt à s'effondrer. Il s'en voulut même de le voir ainsi. Leurs regards se croisèrent. Voulait-il vraiment ne plus jamais voir ces yeux posés sur lui ? N'écoutant que son c½ur il dit enfin :
- Je reste.
Nicola repris ses esprits, c'était comme si un poids venait de disparaître. En quelques minutes il avait accumulé la tension de toute une vie. Et maintenant il était soulagé. Le chanteur sous l'effet du bonheur prit Boris dans ses bras et le serra fort comme pour s'assurer qu'il était bien là. Le guitariste fut parcourut d'un frisson et lui rendit son étreinte. Il respira l'odeur du chanteur et se dit qu'il avait fait le bon choix.
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